Objectifs d’un plan de mobilité : définition, enjeux et exemples

Depuis le 1er janvier 2018, la loi impose aux entreprises de plus de 100 salariés sur un même site d’élaborer un plan de mobilité. Pourtant, moins d’un tiers d’entre elles respectent réellement cette obligation. L’adhésion des employeurs reste faible alors que les bénéfices dépassent le simple cadre réglementaire.

Les contraintes légales s’accompagnent d’incitations financières et de dispositifs d’accompagnement. Les pouvoirs publics cherchent à accélérer l’adoption de solutions qui transforment durablement l’organisation des déplacements professionnels, mais les pratiques évoluent lentement.

Comprendre le plan de mobilité en entreprise : définition et cadre actuel

Le plan de mobilité prend de plus en plus de place dans la réflexion sur le management des déplacements professionnels. Issu de la loi d’orientation des mobilités (LOM), il vise d’abord les entreprises de plus de cent salariés réunis sur un même site. Désormais, toute organisation concernée doit repenser la façon dont ses collaborateurs se déplacent. Impossible d’y couper : la mise en place du plan de mobilité en entreprise s’inscrit au cœur d’une dynamique de transition énergétique et de responsabilité collective.Le cadre actuel combine exigences réglementaires et ambition partagée. L’autorité organisatrice de la mobilité (AOM) guide les employeurs tout au long du processus, alors que les négociations annuelles obligatoires (NAO) ouvrent la porte à de nouveaux thèmes, y compris la mobilité. Le code du plan de mobilité précise les modalités concrètes de déploiement. La France se distingue ici par un cadre légal qui pousse les entreprises à sortir des sentiers battus.Mais tout ne s’arrête pas à la conformité. L’élaboration d’un plan de mobilité suppose une analyse précise des déplacements urbains, la prise en compte des besoins réels, l’évaluation des solutions disponibles. Les entreprises s’en saisissent aujourd’hui comme d’un vrai levier stratégique : attirer de nouveaux talents, améliorer le quotidien, contribuer à la transition énergétique. Un plan de mobilité bien pensé, c’est moins d’embouteillages, moins de pollution, plus d’efficacité et de sérénité au travail.

Pourquoi la mobilité durable devient un enjeu stratégique pour les organisations ?

La mobilité durable s’installe au centre des priorités des entreprises. Fini le temps où elle se limitait à une question secondaire de logistique. Les objectifs d’un plan de mobilité s’articulent désormais entre développement durable et performance sociale. Les organisations cherchent autant à réduire leur empreinte carbone qu’à améliorer la qualité de vie au travail (QVT).Le paysage réglementaire évolue vite. Les zones à faibles émissions (ZFE) se généralisent, forçant les entreprises à réinventer les trajets domicile-travail. Sur le terrain, les initiatives foisonnent : télétravail, covoiturage, partage de véhicules, encouragement au vélo. Chaque avancée vise à la fois la sobriété carbone et l’attractivité employeur.Les attentes changent, surtout chez les jeunes générations, soucieuses de l’impact environnemental de leur quotidien professionnel. La mobilité durable devient un argument de fidélisation. Les services RH intègrent désormais la mobilité dans leur réflexion sur la QVT : moins de stress, plus de flexibilité, moins de temps perdu dans les bouchons.Quelques chiffres pour ancrer le sujet : selon l’ADEME, les déplacements domicile-travail représentent près d’un tiers des trajets quotidiens en France. Le plan de mobilité offre donc un potentiel considérable pour anticiper les évolutions réglementaires, répondre aux enjeux environnementaux et engager les équipes autour d’un projet fédérateur.

Des objectifs concrets pour transformer les déplacements professionnels

Réduire la circulation motorisée, optimiser les déplacements, encourager l’utilisation de modes alternatifs : le plan d’action prend forme autour de ces axes pragmatiques. Les entreprises engagées dans la mise en œuvre du plan de mobilité visent généralement plusieurs résultats, de la réduction des émissions à la maîtrise des coûts.Pour structurer la mise en œuvre du PDME (plan de déplacements en entreprise), plusieurs priorités s’imposent. En tête de liste : diminuer le recours à la voiture individuelle et promouvoir des solutions alternatives. Le forfait mobilités durables (FMD) devient un outil d’incitation efficace, notamment dans le cadre des échanges avec le CSE. Pour accompagner cette dynamique, les entreprises proposent des primes vélo, des parkings mutualisés, ou prennent en charge une partie des abonnements de transport.

Voici les actions les plus répandues dans les plans de mobilité :

  • Promouvoir le covoiturage et l’usage du vélo pour les trajets domicile-travail
  • Optimiser les déplacements urbains grâce à la mutualisation des véhicules de service
  • Favoriser le télétravail pour réduire l’empreinte des mobilités

Le succès passe par une mise en œuvre concrète et adaptée. Chaque mesure s’ancre dans le dialogue social, la concertation avec les équipes, et s’aligne avec le calendrier des négociations annuelles obligatoires. Les PME bénéficient d’un plan de mobilité simplifié pour faciliter leur implication, tandis que les grandes structures misent sur la data pour piloter leur stratégie.La loi d’orientation des mobilités (LOM) fournit le cap : moins d’émissions, plus de flexibilité, une mobilité repensée pour tous au sein de l’entreprise.

Homme et femme discutant de statistiques de transport urbain

Exemples inspirants et bonnes pratiques pour réussir son plan de mobilité

L’accompagnement du plan de mobilité se traduit concrètement par des retours d’expérience variés, issus d’initiatives en interne ou en partenariat avec une collectivité locale. À Paris, par exemple, une grande entreprise du tertiaire a réorganisé les trajets domicile-travail de ses salariés après avoir cartographié finement leurs déplacements. Résultat tangible : en deux ans, les trajets automobiles ont diminué de 18 %, tandis que la qualité de vie au travail s’est nettement améliorée grâce à la généralisation des horaires flexibles et à l’introduction d’une flotte de vélos électriques.À Lyon, le choix du partenariat avec l’AOM et l’Ademe a permis de mutualiser les ressources, de bénéficier de subventions plan de mobilité et d’intégrer le développement durable comme pilier de la stratégie. Les entreprises participantes ont repensé leur plan de déplacements urbains en combinant covoiturage, télétravail partiel et sensibilisation à la réglementation ZFE.

Plusieurs leviers se révèlent particulièrement efficaces :

  • Diagnostic mobilité précis pour cibler les points de friction
  • Dialogue avec les institutions et les salariés, moteur de l’adhésion
  • Suivi régulier via des indicateurs partagés

Les bonnes pratiques du plan de mobilité reposent sur la capacité à conjuguer ambitions environnementales, concertation et agilité dans la mise en œuvre. L’ingénierie du projet fait la différence : lancer une phase test, recueillir des retours d’expérience, ajuster rapidement. Ce sont souvent les organisations qui savent combiner outils numériques, incitations financières et gouvernance claire qui atteignent les résultats les plus convaincants.Changer la mobilité au travail, c’est ouvrir la voie à des entreprises moins figées, plus attractives et résolument tournées vers l’avenir.

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