Fusions et acquisitions : reprise à prévoir en 2025 ?

En 2023, le volume mondial des opérations de fusions et acquisitions a atteint son plus bas niveau depuis dix ans, selon Dealogic. Les taux d’intérêt élevés, l’incertitude réglementaire et les tensions géopolitiques ont freiné les transactions de grande envergure, alors que certains segments du marché affichaient une résilience inattendue.Des banques d’affaires anticipent cependant une inversion de tendance dès 2025, appuyée par la stabilisation des politiques monétaires et la reprise de la confiance des investisseurs. Plusieurs secteurs, dont la technologie et la santé, se préparent déjà à des mouvements stratégiques majeurs.

Panorama 2025 : quelles grandes tendances pour les fusions-acquisitions ?

Le marché des fusions et acquisitions sort progressivement de deux années marquées par l’attente et la prudence. Dans les bureaux feutrés, une reprise à prévoir en 2025 ne fait plus guère de doute : de nombreux banquiers, avocats et dirigeants repèrent déjà les premiers signaux d’une dynamique renouvelée. En Europe comme aux États-Unis, le premier semestre a déjà affiché un frémissement : les volumes de transactions reprennent lentement, loin encore des records de 2021 et ses 5 800 milliards de dollars, mais la tendance change lentement d’orientation.

Dans l’Hexagone et chez ses voisins européens, le mouvement s’accélère. Les entreprises repensent leur organisation, sécurisent leurs sources d’approvisionnement et réajustent leur stratégie d’achat. Les grands groupes du CAC 40, mais aussi de nombreuses PME, concrétisent à nouveau des acquisitions ciblées. Les domaines les plus dynamiques ? La technologie et la santé en tête, avec une industrie qui cherche à muscler sa robustesse face à l’incertitude.

Pour décrire cette nouvelle réalité, trois tendances fortes se dessinent :

  • Concentration sectorielle : les opérations de taille intermédiaire deviennent la norme. Les grandes fusions se font plus rares.
  • Accent sur la résilience : nombre d’entreprises placent désormais la défense de leurs actifs stratégiques avant la quête expansive de la croissance à tout prix.
  • Internationalisation sélective : s’ouvrir vers l’extérieur, oui, mais à travers des stratégies prudentes et soigneusement ciblées.

Le marché des fusions-acquisitions M&A reste diversifié, mais l’appétit pour l’investissement revient. Industriels et financiers visent de nouveaux relais de croissance, parfois délaissés par des fonds en retrait ou la prudence nouvelle d’acteurs asiatiques, en particulier en France et en Europe. La baisse des valorisations par rapport à 2022 contribue à cet engouement.

Facteurs clés : ce qui façonne le marché des M&A cette année

Différents éléments économiques et technologiques fixent le tempo. Le private equity conserve toute son influence : les fonds disposent encore de capitaux disponibles accumulés lors des années fastes, mais leurs critères de sélection se sont durcis. Les sociétés retenues doivent démontrer leur solidité, savoir affronter la volatilité et afficher une fibre innovante qui fait aujourd’hui la différence.

L’essor de l’intelligence artificielle vient rebattre les cartes : l’ensemble des secteurs accélère la mutation numérique, et les sociétés qui savent maîtriser ces innovations gagnent nettement en attractivité, aussi bien dans la finance que la santé ou l’industrie. Autre évolution : l’ESG, environnement, social et gouvernance, s’impose comme un critère incontournable, propulsé par des investisseurs institutionnels attentifs et un environnement réglementaire de plus en plus contraignant.

Pour bien comprendre, plusieurs dynamiques nouvelles se démarquent nettement :

  • Les équipes spécialisées des grandes banques d’affaires notent une fois encore la progression des opérations transfrontalières, avec des flux qui demeurent majoritairement européens.
  • Les PME profitent de leur agilité : elles intègrent rapidement les nouvelles technologies et adaptent leurs structures.
  • La gestion du patrimoine et l’émergence de solutions patrimoniales innovantes suscitent également un regain d’activité.

Dans ce nouvel environnement, les exigences montent d’un cran. La volatilité des marchés et le coût croissant du financement obligent les investisseurs à revisiter la construction de leurs opérations, à traquer les faiblesses et à décortiquer les risques sous toutes leurs facettes. Ce cycle favorise l’audace intelligente, l’inventivité, mais aussi une approche durable de la valeur, bien loin des emballements d’hier.

Risques, incertitudes et nouvelles dynamiques à surveiller

Difficile de prédire un envol sans filet, mais le marché des fusions et acquisitions avance sur des œufs. Taux d’intérêt en mouvement, instabilité persistante sur les places boursières, tensions géopolitiques omniprésentes : le contexte reste balayé par vents contraires. Pour bon nombre d’acquéreurs dépendants du financement par dette privée, les marges se réduisent nettement alors que le coût du capital grimpe. Sur le plan réglementaire, la surveillance redouble : les autorités européennes comme américaines multiplient les contrôles et Paris resserre encore la garde sur ses secteurs clés.

Quelques incertitudes contribuent à entretenir cette nervosité :

  • Un retour possible de Donald Trump à la tête des États-Unis pourrait relancer le cycle des droits de douane et chambouler les relations transatlantiques.
  • La volatilité, perceptible dès le premier semestre, rend le calendrier des opérations bien plus délicat à maîtriser.
  • Les volumes de transactions, tant en Europe qu’aux États-Unis, restent inférieurs à ceux d’avant-crise d’après les statistiques des grandes bourses mondiales.

Face à ce climat, les entreprises réinventent leur stratégie. Dans l’industrie, la question énergétique influence fortement les priorités, l’Europe cherchant à renforcer son autonomie. Du côté de la tech, on jongle avec les taux élevés, de nouveaux cadres réglementaires, mais aussi des opportunités à forte valeur ajoutée. Les investisseurs, désormais méfiants face à la volatilité, optent pour une approche méthodique, une analyse rigoureuse des risques et développent une ancrage territorial pour maximiser leurs chances de réussite.

Groupe de quatre professionnels sur un rooftop en discussion

Quelles opportunités concrètes pour les entreprises en quête de croissance ?

Le repli du marché des fusions et acquisitions observé ces derniers trimestres n’a pas étouffé la volonté d’accélérer la croissance externe. Moins de transactions en Europe depuis début 2023, mais des occasions inédites surgissent pour ceux qui ciblent avec précision. Des valorisations redevenues raisonnables ouvrent la porte à celles et ceux capables de mobiliser des liquidités et d’articuler une stratégie aiguisée. Les entreprises capables d’identifier de réelles synergies industrielles ou de renforcer leur portefeuille d’innovations avancent désormais avec assurance.

Industrie, santé, technologies continuent d’imposer leur rythme, même si la prudence s’invite à chaque décision. Les transactions stratégiques l’emportent sur les grandes opérations, les dirigeants privilégiant le concept de lean M&A : efficacité ciblée et intégration rapide, pour limiter les risques et générer de la valeur tout de suite.

Pour comprendre le mouvement, plusieurs exemples concrets s’imposent :

  • Nombreuses PME françaises repèrent des relais de croissance en profitant des cessions de groupes étrangers et saisissent des opportunités accessibles.
  • Les acteurs du private equity, confrontés à la hausse du coût de la dette, continuent de se positionner sur des dossiers à fort potentiel, adaptant leur stratégie aux nouvelles réalités.

La compétition s’intensifie autour des actifs prometteurs, surtout dans l’innovation ou la transformation numérique. Impossible d’ignorer l’exigence d’impact : les critères ESG deviennent déterminants et orientent de plus en plus les nouvelles acquisitions.

2025 sera sans doute une année pivot pour le secteur : l’agilité stratégique, la capacité d’oser différemment et le sens du timing distingueront les bâtisseurs de demain sur la scène économique, ici comme ailleurs.

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