99 %. C’est la part écrasante des PME dans le paysage entrepreneurial canadien. Pourtant, leur empreinte sur les exportations nationales reste en retrait, bien sous la barre des 40 %. Même avec des accords ambitieux comme l’AECG signé avec l’Union européenne, la réalité sur le terrain reste contrastée : accéder aux marchés extérieurs dépend largement de la taille de l’entreprise et du secteur où elle évolue.
Les règles du jeu ne sont pas les mêmes pour tous. Certains freins réglementaires résistent encore, là où de nouvelles perspectives émergent pour les sociétés capables de s’aligner vite sur les standards internationaux et de se mesurer à la concurrence mondiale. Les outils d’accompagnement, qu’ils soient publics ou privés, se multiplient, mais leur accès et leur utilisation varient fortement selon la région.
Le commerce international, un levier décisif pour l’économie canadienne
Le commerce international irrigue l’économie canadienne bien au-delà des statistiques officielles. Chaque année, biens et services s’échangent pour environ 1 500 milliards de dollars. Deux tiers du PIB résultent des flux d’import-export. À Ottawa, Affaires mondiales Canada pilote une politique d’ouverture rarement égalée parmi les économies développées.
Dans cette dynamique, quelques partenaires commerciaux occupent une place prépondérante. Les États-Unis absorbent à eux seuls plus de 75 % des ventes canadiennes, suivis par l’Union européenne et la Chine. L’ACEUM, successeur de l’ALENA, organise les échanges au nord du continent ; l’Accord économique et commercial global (AECG) a poussé les frontières canadiennes jusqu’en Europe. Membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Canada accepte les règles du jeu du commerce international, même si la question des droits de douane et tarifs douaniers suscite encore des débats vifs.
Panorama des partenaires commerciaux majeurs du Canada
Trois pôles structurent la dynamique du commerce extérieur canadien :
- États-Unis : premier partenaire, échanges intenses dans l’automobile, l’énergie, l’agroalimentaire
- Union européenne : croissance rapide grâce à l’AECG et diversification sectorielle soutenue
- Chine : troisième partenaire, position incontournable dans les matières premières et la haute technologie
La mondialisation des échanges oblige le pays à évoluer sans relâche. Maîtrise des investissements internationaux, optimisation des chaînes d’approvisionnement, diplomatie économique offensive : chaque levier compte pour rester dans la course. Le commerce extérieur façonne la compétitivité canadienne et influence la trajectoire des choix économiques et industriels.
Quels obstacles freinent aujourd’hui les PME canadiennes à l’export ?
Pour la PME canadienne, exporter ne va pas de soi. Beaucoup trouvent dans le marché national une taille déjà confortable et hésitent à s’aventurer à l’international. Les marchés étrangers réclament des investissements solides, des équipes dévouées, des capacités d’adaptation qui ne sont pas toujours à portée de main. Les embûches réglementaires et administratives freinent souvent les élans les plus audacieux.
Les défis logistiques liés à la gestion des chaînes d’approvisionnement se révèlent parfois rudes. Delais imprévus, surcoûts ou ruptures viennent perturber les plans de croissance. Les barrières non tarifaires, normes, contrôles sanitaires, formalités portuaires, alourdissent chaque opération. Au-delà, les écarts culturels ou linguistiques complexifient la conquête de marchés éloignés.
Des facteurs externes renforcent le brouillard : une politique commerciale mondiale en mouvement, des négociations sans cesse renégociées, des réglementations qui changent d’une année sur l’autre. Pour les exportations de services, le flou juridique est encore plus marqué, surtout dans le numérique ou le conseil.
Il existe plusieurs freins bien identifiés auxquels se heurtent les PME sur le marché international :
- Financement insuffisant face au coût de la conquête de nouveaux débouchés
- Difficulté d’accès à l’information concernant les marchés à cibler
- Réseaux locaux difficiles à constituer pour nouer des collaborations solides
Aller à l’export impose de questionner sa stratégie. Nombre d’entreprises repensent leur organisation, investissent dans la veille, diversifient leur offre et développent la capacité d’anticiper. L’agilité n’est pas un luxe, c’est une nécessité.
Tendances et accords majeurs : l’AECG et l’ouverture vers de nouveaux marchés
Le commerce international canadien s’appuie sur un ensemble étoffé d’accords de libre-échange. L’AECG avec l’Union européenne, signé en 2017, a ouvert aux entreprises canadiennes un marché fort de plus de 500 millions de consommateurs. En quelques années, les exportations canadiennes vers l’UE ont progressé d’environ 24 %, un chiffre à souligner dans un contexte mondial tourmenté.
En parallèle, l’ACEUM (Accord Canada–États-Unis–Mexique) continue de sécuriser la colonne vertébrale des exportations, renforçant les liens que le Canada entretient avec ses deux voisins immédiats. Le pays mise aussi sur l’Asie-Pacifique, en s’appuyant sur l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP) pour percer sur de nouveaux marchés, particulièrement exigeants et porteurs.
| Partenaire commercial | Part des exportations canadiennes |
|---|---|
| États-Unis | 73 % |
| Union européenne | 8,7 % |
| Chine | 4,3 % |
La nécessité de diversifier les marchés s’est imposée. La proximité des États-Unis reste un atout, mais la conquête de parts en Europe et en Asie témoigne d’une capacité d’adaptation solide. Les entreprises canadiennes naviguent entre allègement des barrières tarifaires et intensification de la compétition. À chaque nouvel accord, les règles changent, stimulant des stratégies inédites. Face à un marché mondial mouvant, le Canada doit accélérer sa mue et renforcer sa présence sur les grands axes du commerce de biens et de services.
Ressources fiables et accompagnement : soutenir les PME vers l’international
Le secteur du commerce international regorge d’opportunités, mais la route s’avère complexe pour les PME canadiennes. Les contraintes normatives, les codes commerciaux et les habitudes locales varient d’un pays à l’autre. Pour y répondre, les dispositifs publics d’accompagnement se sont considérablement étoffés. Première ressource mobilisée : le service des délégués commerciaux d’Affaires mondiales Canada. Plus d’un millier d’experts, répartis dans 160 villes internationales, conseillent et accompagnent les entreprises à chaque étape : recherche de marchés, compréhension du cadre local, gestion des risques, captation de clients.
Les dispositifs d’accompagnement à disposition
Pour s’orienter, les PME canadiennes peuvent mobiliser plusieurs soutiens complémentaires :
- Conseils pointus sur la réglementation et les usages à l’étranger
- Mise en contact avec des réseaux fiables et des partenaires locaux
- Surveillance stratégique des marchés porteurs pour anticiper où s’implanter
Guides sectoriels, analyses détaillées des marchés, informations sur la propriété intellectuelle ou la fiscalité à l’import-export : les ressources pratiques se multiplient. Sur le volet financement, Exportation et développement Canada et la Banque de développement du Canada proposent des solutions alignées sur le profil des sociétés prêtes à franchir un cap.
L’accompagnement ne concerne plus seulement la vente de biens physiques. Les prestataires de services trouvent eux aussi des leviers pour ajuster leur modèle d’affaires et sécuriser leur expansion. En combinant outils pragmatiques, expertise locale et proximité avec le tissu entrepreneurial, la politique commerciale nationale vise à ouvrir le jeu à une nouvelle génération d’acteurs du commerce extérieur.
Le commerce international ne se limite plus aux grandes structures. Désormais, chaque PME déterminée à innover ou à s’affirmer voit s’ouvrir un territoire à conquérir. Quelle trajectoire choisira la prochaine pour redéfinir l’horizon du Canada hors de ses frontières ?


